mardi 21 février 2012

Mon village


Samedi 24 avril 2010
MON VILLAGE

Au détour d'un virage
Le clocher d'un village
Émerge d'un coteau
Impalpable héraut

Oublions nos soucis
Ce village endormi
De calme et de répit
S'appelle Saint Genis


Des murs en pierres sèches
Entourent des bâtisses
A l'allure revêche
Sans le moindre artifice

Parfois l'hiver blanchit
Ses venelles étroites
Ses toits de tuiles plates
Alors que des ennuis

Quand le printemps arrive
Le jaune du colza
Inconsciemment le prive
Un peu de son éclat

Quelques coquelicots
Ensanglantent les champs
Les taupes en-dedans
Reprennent leur boulot

Quelques pollens esquissent
Un ballet de senteurs
De doux vents démunissent
Le ciel de ses noirceurs

Vient le tour de l'été
Ses routes ombragées
Mènent à la torpeur
De ses hameaux tiqueurs

A ses pieds la Nouère
Coule dans le vert
De sous-bois éphémères
Un eau limpide et claire

Jouissant de la fraîcheur
Quelques hardis pêcheurs
Taquinent le poisson
Sous cette frondaison

Faisant face au soleil
D'immenses tournesols
Apparaissent pareils
A de jaunes coupoles

Dans la cour des fermes
Quelques chiens alanguis
Ont su mettre un terme
A une garde honnie


Quelques traits de poils furtifs
Des chats à l'air fautif
Abandonnent leur hobby
La sieste à l'infini

Parfois dans le lointain
Quelques ronronnements
De tracteurs expirants
S'essoufflent en geignant

Des géants de métal
Trouent la nuit sidérale
Et par un coup fatal
Fauchent les céréales

Enfin quand tout s'endort
Dans la nuit estivale
Seuls chantent encore
Des grillons ou cigales

Le raisin sur les vignes
Se prépare à l'automne
En rangs rectilignes
Et souvent monotones

Enfin gorgés de sucre
C'est le temps des vendanges
Laisser la part des anges
Pour donner quelque lucre

Puis leurs feuilles s'habillent
De couleurs somptueuses
En livrées pompeuses
De chatoiement qui brillent


Alain Chadelaud

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